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Le cancer de la prostate : Dépistage et diagnostic

La détection précoce d’un cancer de la prostate permet de mettre en œuvre un traitement curatif. A partir des années 1980, l’avènement de nouvelles techniques diagnostiques a permis de détecter des cancers de la prostate à un stade très localisé, alors qu’aucun symptôme ne les signalait. La diffusion de ces techniques serait en grande partie responsable de l’augmentation du nombre de diagnostics de cancers de la prostate recensés. En France, en 2000, 40 309 nouveaux cas ont été diagnostiqués.

Le diagnostic initial est effectué à l’aide des tests suivants :

  • Toucher rectal : il s’agit d’un test simple et généralement indolore effectué par le généraliste. Le médecin palpe la prostate pour apprécier la régularité de ses contours et sa consistance à travers le rectum, à l’aide d’un doigt introduit dans l’anus.
  • Taux de PSA : il s’agit d’une analyse sanguine très simple pour mesurer le taux d’une substance connue sous le nom d’antigène prostatique spécifique (PSA). Le taux de PSA est utilisé pour évaluer le risque de cancer de la prostate. Toutefois, ce test n’est guère concluant : certains hommes atteints d’un cancer de la prostate n’ont pas un taux de PSA élevé alors que deux tiers des hommes dont le taux de PSA est élevé n’ont pas de cancer de la prostate. Bien que ces tests puissent révéler la présence d’un cancer de la prostate, le seul moyen d’établir un diagnostic définitif est de pratiquer une biopsie qui permet au médecin d’examiner les cellules de la prostate au microscope.

Les cancers de la prostate sont des tumeurs à croissance lente, qui peuvent ne provoquer aucun symptôme ni écourter l’espérance de vie, aux tumeurs très agressives. Le pronostic dépend très largement du grade de la tumeur, évalué à l’aide de la classification de Gleason. Le score de Gleason, la méthode la plus largement utilisée aujourd’hui pour définir le stade du cancer de la prostate, est le principal facteur de pronostic du cancer de la prostate.

La classification de Gleason (voir figure 2) est fondée sur le degré de différenciation de la tumeur, coté du grade 1 au grade 5. Le score de Gleason, coté de 2 à 10, est la somme des deux grades les plus fréquemment représentés dans la tumeur analysée (2 étant la forme la moins agressive et 10 la forme la plus agressive). Les tumeurs les plus agressives, qui se propagent rapidement en dehors de la glande prostatique, affichent le score le plus élevé.

Classification de Gleason

Le score de Gleason est utilisé en association avec le taux de PSA et les informations sur la propagation localisée de la tumeur obtenues lors du toucher rectal et de l’échographie transrectale (utilisation d’ultrasons pour détecter les objets éloignés en fonction de leur réflexion) pour évaluer le pronostic.

  • Les techniques d’imagerie : l’échographie endorectale de la prostate : c’est un examen qui explore la prostate à l’aide d’une sonde à ultrasons à travers la paroi rectale. Pratiqué en cas de suspicion, pour affiner le diagnostic, il ne nécessite pas d’anesthésie générale ni d’hospitalisation. L’échographie peut être couplée avec une biopsie. Les examens par imagerie médicale ne constituent pas une preuve de l’existence de la maladie mais seulement un indice. En effet, ils ne précisent pas la nature tumorale ou non de l’anomalie. Le prélèvement et l’analyse des tissus sont indispensables pour confirmer ou non le diagnostic du cancer.
  • Les prélèvements tissulaires prostatiques : les prélèvements permettent d’analyser au microscope des cellules et tissus prélevés. Ces analyses anatomo-pathologiques donnent des informations précises sur le type de cancer et ses caractéristiques. La biopsie prostatique est réalisée par un urologue ou un radiologue. Elle consiste en une ponction souvent effectuée par voie transrectale après une préparation spécifique et justifie l’administration prophylactique d’antibiotiques. Un guidage par échographie est recommandé mais non systématique.
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